ils sont plusieurs en moi

il n’y aura pas
de temple des damnés
si le courage donné nous
permet d’étreindre le ciel
sans peur
maintenant
tous les poèmes
du monde se libèrent
entrent dans
la légende des siècles
dire et écrire sont
ce qu’il nous reste
sans trève

…est décédé le lundi 14 avril 2008 en après-midi des suites d’un malaise cardiaque, à l’âge de 62 ans, notre ami, notre frère, notre phare dans la tempête, notre arbre millénaire profondément enraciné, notre poète exigeant et plus souvent qu’autrement notre guide, amoureux du mot vrai et de la couleur qui fuse, et l’un des derniers remparts contre la mort de l’âme et l’asservissement du poème
Robbert…
j’en reviens juste pas… je suis scié, dévasté par cette triste nouvelle…
repose en paix, mon ami, mon frère…
il est absolument révoltant d’assister au sinistre jeu auquel se livrent les élites économiques un peu partout sur la planète, dans ce que nous appellerons bientôt la guerre de la faim, quand on l’aura porté au bout de sa cynique logique, à moins qu’on se réveille avant.
quand on a des élites aussi éclairées qui veulent utiliser le maïs pour faire rouler les voitures, qui vendent des semences brevetées, sans vie, et soumises au droit d’auteur, qui contrôlent et tuent la vie avec l’agriculture industrielle, et qui spéculent sur la valeur des aliments de base, on est en droit de constater que des gens haut placés sans scrupules, qui nient l’existence collective, qui ont avantage et intérêt à ce que le chaos embrase les masses, se sont arrogés des privilèges qui appartiennent à la collectivité, qui nous appartiennent à nous tous, et il faut que ça cesse.
on nous dira ensuite, par la voix d’organes de presse tout aussi éclairés que les dites élites, que le système fonctionne
Peuple!
voit! lit! regarde! observe! agit vite!
il faudra bien faire cesser ces crimes
lire l’article sur l’organe Cyberpresse

C’est le vendredi 25 avril 2008 prochain qu’on remettra ça tous ensemble, dans l’un des plus beaux petits théâtres du Québec, le Côté-Cour, à Jonquière…
expérience traumatisante…
c’est fou comment une simple mise à jour de la plateforme Wordpress (de 2.3.1 à 2.3.3… juste un petit chiffre différent!) a pu me créer d’angoisses dans les deux derniers jours.
combien de fois vous a-t-on déjà suggéré à mots entendus que revendiquer vos droits ou exercer verbalement votre esprit critique pourrait éventuellement vous nuire, on se comprend bien?
combien de fois avez-vous baissé l’échine et encaissé en silence?
combien de fois avez-vous été témoin des mensonges de la machine à fabriquer les perceptions?
combien de temps encore serez-vous soumis à ce qui veut vous soustraire de vos naturelles obligations cosmiques?
combien de fois cette semaine avez-vous mangé du sucre?
combien de fois aujourd’hui vous êtes-vous sentis angoissés?
combien d’heures ce mois-ci avez-vous regardé la télévision?
combien de moments cette saison avez-vous scruté le ciel?
n’avez-vous pas hâte de le regarder plus souvent?
ne ressentez-vous pas ces éclairs de réel quand vous faites corps avec le vent?
reviendrez-vous sur vos décisions?
écrirez-vous un jour un poème?
encore
Une œuvre de la langue traduite dans une autre langue: quelqu’un passe la frontière en y laissant sa peau, pour revêtir le costume local.- Karl Kraus
bleu
c’est une femme
la mienne
je dis
bleu c’est
sourire quand ‘est
près de moi
aussi bleu
c’est triste quand
a m’laisse vraiment
tout seul
l’amérique est contagieuse
ce concept virulent cela
pourrit les consciences
les asservit
aux rythmes
des pyramides des
structures des
secrets qui nourrissent
les maîtres
du monde
depuis quand
est-ce déréglé
à ce point?
dérive l’amérique
les prophéties du mensonge
conquérant les âmes
le consommateur damné
dans l’abysse des corridors
des magasins interminables
d’une bureaucratie hybride
dérive le continent
l’espace intime des serpents
ces villes contagieuses
battent la cadence sous les rues
vibrent d’une onde délétère
ça asservit le regard frais
limite l’étirement des gestes
quand les fleuves meurent
en amérique
dans l’horizon
réside la perte
le pays d’abondance
le sort jeté
les consciences abruties
le
sang
qui
coule
nos derniers dollars
en faisant le ménage, j’ai enfin retrouvé la vieille cassette VHS qui contient l’essentiel des reportages que j’ai fait pour la télévision lors de la saison 2000-2001 de l’émission Cent titres, production de Pixcom et diffusée alors à Télé-Québec. L’émission n’existe plus.
Je vous proposerai quelques uns de ces reportages dans les jours à venir… c’est du vieux stock, mais c’est plutôt amusant.
Voici mon «reportage» préféré. Avec des textes de Roberto Juarroz, j’arrive à parler d’un projet fort original qui a eu lieu en 2000, destiné aux citoyens de l’an 3000.
durée: 3:55
réalisation: Claude-Antoine Guibord
N.B.: l’image n’est pas très bonne. on blâmera mon vieux magnétoscope VHS, qui a presque quinze ans et dont je ne me sers pratiquement plus.
…des fois j’ai l’impression de mettre les deux pieds sur le frein du temps…
la séculaire sagesse le dit
on commence
toujours quelque
part
débuter est
ce dont il s’agit
débuter
toujours débuter
ne jamais finir
toujours débuter
recommencer le commencement
le recommencement
sans renoncement
ni effarement
dans une joie sourde
de respirer le monde
mais comment
comment dites-moi donc
débuter quoi que ce soit
quand on demande de rendre
les armes de la langue
la liberté du poème
comment débuter
quoi que ce soit
en ces termes
de conclusion
d’abattage au désespoir
comment débuter
l’ombre d’une parole libérante
dites-moi
comment se débuter dans
une lancinante
douloureuse
mise à mort?
alors
au mépris du danger
j’aspire à ne devenir
qu’authentique débutant
libre perpétuel
le meilleur débutant
du monde
une souffrance
vive touche trop
c’est l’impuissance
que des souvenirs
en autodafé